Rue des Saintes-Maries-des-Barbares – Stabat Mater



création musicale de Xavier Rebut

 

Rue des Saintes-Maries-des-Barbares

Stabat Mater

parcours musical et poétique, rite d’aujourd’hui – imaginé – sur la côte sicilienne

composition de Xavier Rebut pour 2 voix de femmes et accordéon

et lecture d’un extrait de « Primo » de Maryline Desbiolles

25 mars 2017 Eglise de St-Sulpice, VD Suisse 20h

26 mars 2017 Eglise de St-Sulpice, VD Suisse 17h

La trame musicale: Un jour de procession sur une côte de Sicile, deux femmes – deux Maries – ont reçu la nouvelle de la perte de leurs fils. La première débarque d’un canot de migrants, la deuxième appartient à la petite communauté d’un village sicilien. Alors commence le chemin: choc, urgence, incrédulité, douleur, colère, amour, conscience et responsabilité d’être humain, d’être mère, d’être en vie.

Et entre les stations chantées de ce Stabat Mater, on entend la lecture extraite de « Primo » de Maryline Desbiolles: 14 juillet 1945, on suit le parcours d’une mère qui tente en vain de sauver son fils malade en l’ammenant de son village à l’hôpital de la ville. Puis elle le ramènera mort au village à travers la ville en liesse.

Les récits sont en parallèle. S’ouvre alors un dialogue entre les histoires de chacun, entre les parcours du deuil vers la vie, de chacun.

La suite musicale composée par Xavier Rebut est imprégnée par les mondes sonores de la Sicile, par ses répertoires sacrés et profanes, par ses chants de tradition orale liés aux rituels, et par ses musiques de fanfare qui rythment et colorent émotionnellement toute procession et permettent d’entrer dans la dimension du rite.

Le texte de Maryline Desbiolles nous ancre dans une réalité poétique mais proche de nous, proche de nos racines et rejoint la musique pour laisser place à nos émotions.

 

composition de Xavier Rebut
avec
Alena Dantcheva voix
Brigitte Ravenel voix
Stéphane Chapuis accordéon-bandonéon
Prune récitante

 

La première création a eu lieu le 2 juillet 2015 pour Pleine Lune, dans la cour du château de Nyon archive , nouvelle création mars 2017

 

« Quand Brigitte Ravenel m’a invité à écrire un Stabat Mater d’aujourd’hui inspiré par les sons de la tradition orale italienne, les répertoires de la Sicile rencontrés lors de nombreux voyages de recherche sur le terrain, ont aussitôt fait résonner mon imaginaire musical. Cette terre est plusieurs mondes à la fois, une porte du sud sur le sud, une terre de passages ; les univers s’y côtoient, se mélangent, se disputent. Cette terre sicilienne, volcanique et où chaque coin de rue, chaque mot, chaque saveur, chaque chant ont une identité forte, correspondait pleinement au projet d’écrire pour deux voix. Deux voix magnifiques, mondes de couleurs vocales à elles seules, univers à explorer comme le baroque sicilien qui cohabite avec les constructions de la spéculation du XXème siècle et avec les temples grecs. Immédiatement se sont rencontrées la musicalité de Brigitte qui tutoie les écritures contemporaines comme les auteurs classiques, et celle d’Aléna Dantcheva, ajoutant à sa sensibilité personnelle la force de la culture bulgare si connue pour la beauté de ses voix de femmes. Une rencontre dans une Sicile imaginée mais très concrète, avec la force d’une colonne dorique, des voix ouvertes sur l’aujourd’hui, comme un appel à une responsabilité de tous envers tous.

 

Ce rite musical, créé pour « Pleine Lune » à Nyon en 2015, a, dans sa première version, trouvé un écho dans un choix de textes d’Erri De Luca. Pour cette re-création en 2017 c’est la lyrique et très actuelle écriture de Maryline Desbiolles qui nous donnera le fil rouge des lectures portées par la voix de Prune/Aude Chollet, talentueuse commédienne et musicenne. Et l’accordéon de Stéphane Chapuis, admirable musicien, soulignera d’autant plus ce fil. Une re-création qui explore, dans ce lieu intime, magique, du Temple de Saint-Sulpice, nos émotions et notre besoin de rituels, profanes ou sacrés, anciens ou réinventés, pour nous laisser libre cours de leur donner voix

 

A travers ce parcours musical et poétique c’est un pays carrefour de mondes qui nous donne rendez-vous, Rue des Saintes-Maries-des-Barbares. Un pays tel l’Italie traversée par l’arrivée continuelle de migrants, balayée par le départ de beaucoup de jeunes à la recherche de travail, l’Italie contemporaine, si magnifique, si éternellement magnifique, mais qui ne semble pas tenir à ses beautés et à ses richesses culturelles, ni aux gens et ni à toute autre histoire qu’elle perd. Il nous reste à la chanter cette Italie, à la dire, à lui inventer un rite et à le partager : un Stabat Mater d’aujourd’hui, pour ainsi la retrouver vivante, résistante comme elle l’est dans ses répertoires de tradition orale, une Italie miroir ouvert sur la Méditerranée qui va dans le monde et qui peut abolir les frontières pour parler, à la fin, de chacun de nous. »

Xavier Rebut